Le Rire
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(Rabier, Benjamin/Germain, Auguste): (Assemblage de quelques revues humouristiques de langue francaise): Le homard et l' anguille. Le corbeau et le renard. Le Rire N° 75 & 600. Le Rire rouge. Edition de guerre. N° 37. Paris, (Rueff) 1914/1915/1920,
Le homard..: 22,8 x 16,2 cm, s. d. (vers 1910), 16 p. ill., = Coll. Tom Puce 12; Le Rire N° 75 ( 1914): 30,8 x 22,8 cm, 20 p. ill., aussi en couleurs, Le Rire N° 600 (1920): 30,8 x 22,8 cm, 16 p., aussi en couleurs, Le Rire rouge. N° 37 ( 1915): 30,8 x 22,8 cm, 12 p., ill., aussi en couleurs, tous sont peu abime
[SW: Comic. Le Rire. Humour. Humor. Caricature. Benjamin Rabier. Tom Puce.]
BERGSON (Henri). Le Rire, essai sur la signification du comique.
Le philosophe donne ici au rire une portee morale et une signification metaphysique. Ainsi commence-t-il par observer trois elements necessaires a la comprehension du comique. Tout d'abord il montre qu'il n'y a pas de comique en dehors de ce qui est proprement humain que le rire " exige une certaine anesthesie du coeur " et " qu'il implique entre les rieurs une certaine complicite ". Partant de ces observations preliminaires, le philosophe enonce sa these, a savoir que le rire est une rupture dans le mouvement souple de la vie, l'introduction d'une raideur, une mecanique dans la vie qui est ecoulement continu. Par la decoulent des milliers d'effets comiques comme ce distrait qui au cours de sa marche fluide se prend un poteau. L'art comique force les traits de la nature, note les pliures du visage, du caractere a la maniere du caricaturiste. Ainsi le philosophe file son analyse en explorant les ressorts du comique de situation, mais aussi de mots. Le comique de langage consiste la encore a defier l'equilibre, l'ecoulement en introduisant par exemple un terme absurde dans une formule banale ou bien un jeu sur le double sens. Bergson developpe dans la troisieme partie de son ouvrage le comique de caractere en insistant sur les enjeux moraux d'un rire qui pour vivre se nourrit de la tragedie. Au final, le Rire de Bergson nous fait entendre en d'autres echos sonores notre propre rire, nous eclairant sur les mecanismes de notre condition humaine. Table : Du comique en general - Le comique des formes - Le comique des mouvements - Force d'expansion du comique - Le comique de situation - Le comique de mots - Le comique de caractere. Cachet d'appartenance au feuillet de titre. Du reste, belle condition.
[PHILOSOPHIE]
Paris, Presses universitaires de France, 1941. Un vol. in-12 (188 x 118 mm) de 157 pp., broche.
Roth, Joseph: Lettres choisies 1911-1939, Paris Seuil 2007
Coll. "Le don des langues" Traduites de l'allemand , presentees et annotees par Stephane Pesnel. In-8, 557p, br., couverture ill., index. Neuf (jamais ouvert). "On connait peu ou pas cet ecrivain autrichien, romancier, grand prosateur de la premiere moitie du XXe siecle et tout autant grand journaliste, ne en 1894 en Galicie, pres de la frontiere russe, mort, jeune, a Paris, a l'age de quarante-cinq ans. La correspondance de Joseph Roth, mise a la lumiere par Stephane Pesnel (recompense par le prix Sevigne 2007) qui lui rend hommage, permet d'ouvrir en meme temps que vingt-huit annees d'une vie deja commencee, tout le visage d'une epoque ; celle de la crise politique de l'Europe et de la menace montante du nazisme, celle d'un intellectuel juif allemand, temoin de cette crise, desespere d'une Autriche perdue, apatride et contraint de l'etre, lorsque Hitler arrive au pouvoir, en 1933, parce que " ses origines juives, sa sensibilite humaniste et son exceptionnelle clairvoyance politique " lui avaient dicte le choix de l'exil en France. Lire cette correspondance, c'est suivre, depuis les annees de jeunesse, l'autoportrait d'un ecrivain de culture a la fois juive, slave et allemande, attache a la litterature et a l'ecriture, conscient de la fondamentale question de la responsabilite morale de l'ecrivain, attache a sa langue allemande envers et contre tout, qui ecrit comme il souffre, reinvente parfois son histoire et son identite, se confie, enjoue, affectueux, a ses jeunes cousines, nous fait partager une correspondance des plus lucides et des plus riches avec son contemporain Stefan Zweig (1881-1942), son grand interlocuteur pendant plus d'une dizaine d'annees, laisse toute sa vulnerabilite, sa detresse infinie s'epancher, lorsqu'il ecrit a sa traductrice et chere confidente Blanche Gidon, a qui il avouera - miserablement malade, buveur, honteusement pauvre - que son " coeur est aussi vide qu'un desert et aussi obscur qu'une fosse souterraine " (8 mai 1936), alors qu'il se laisse, peu a peu, mourir. Dans ses jeunes annees, il etudie la philosophie et les lettres, a Lemberg, puis a Vienne. Il est correspondant de guerre, pendant la Premiere Guerre mondiale. Des 1923, a Vienne a nouveau, il devient journaliste - chronique, reporte, croque faits quotidiens, observations, apercus de destins individuels -, excelle dans cette carriere, qu'il menera toujours de front avec celle de romancier. En 1932, un an avant de quitter l'Allemagne pour la France et l'exil definitif, il acheve son oeuvre la plus celebre ; roman historique et magistrale analyse, La Marche de Radeztky (1932) retrace la chute de l'Empire austro-hongrois et la desintegration de la societe autrichienne a travers trois generations de la famille von Trotta. En 1933, il est a Paris. Joseph Roth collabore a des journaux d'emigres allemands, poursuit son oeuvre romanesque, voyage un temps en Europe puis finit par ne plus bouger du minuscule perimetre parisien qui lui sert d'asile, a jamais nostalgique d'un paradis perdu sinon malade de lui-meme et malheureux de la consolidation du pouvoir hitlerien. Les lettres des debuts le montrent leger, empli d'humour, d'energie de vie, heureux de rever. Ainsi, a sa cousine, Paula, a qui il raconte sa vie d'etudiant, en 1916, de Vienne, il ecrit : " Aujourd'hui, aujourd'hui seulement, je suis a la fois doge de Venise et va-nu-pieds italien, mais demain, demain, je serai de nouveau un poete allemand perdu dans ses reves, un amoureux de l'art, un etudiant en litterature allemande inscrit en sixieme semestre et disciple du professeur Brecht. (...) J'ai un sofa rouge avec des decorations jaunes, je vais bientot m'y allonger pour faire un somme. Il est maintenant trois heures et je resterai allonge jusqu'a cinq heures. Puis je ferai ma toilette et j'irai me promener. " (p.26). Plus tard, au milieu de voeux qu'il lui adresse, il lui souhaitera de ne jamais perdre le rire. " Le rire est une clochette au son leger et argentin qu'un bon genie nous a donnee pour qu'elle nous accompagne sur le chemin de notre vie. Mais parce qu'elle est si legere et difficile a garder bien en main, on risque de la perdre. Quelque part en chemin. Et le destin vient a passer avec ses bottes aux semelles epaisses et le foule aux pieds, ce rire. " (p.27). Voeu premonitoire, qu'il s'etait peut-etre adresse a lui-meme, pour se preserver de ce qu'il n'allait pas tarder a perdre ?... Il ecrit, il ecrit chaque jour, dans " le seul but - dit-il - de me perdre dans des destins imaginaires ". Il ecrit avec acharnement, mais le coeur n'y est bientot plus. A Stefan Zweig, le 23 octobre 1930, il confie : " Qui ne se sentirait pas ecoeure par la situation politique ? Vous avez raison, l'Europe est en train de se suicider, et la lenteur et la cruaute de ce suicide proviennent du fait que c'est un cadavre qui est en train de se suicider. Cette lente agonie presente une similitude diaboliquement troublante avec une psychose. C'est a cela que ressemble le suicide d'un psychotique. Le diable gouverne veritablement le monde. " (p.201). Pres d'une dizaine d'annees plus tard, avant de mourir, il est conscient que " cette decennie, avec ce qu'elle contient d'intense perversite infernale, aurait de quoi deshonorer des siecles ". Pour Joseph Roth, comme pour les heros de ses romans, l'innocence existentielle est a jamais perdue. Ses dernieres lettres, a Stefan Zweig comme a Blanche Gidon le montrent inquiet, amer, pessimiste, epuise par des corrections de manuscrit, en proie a des souffrances indicibles, preoccupe de trouver de l'argent pour survivre, soucieux de se desintoxiquer de l'alcool qui le detruit, loin d'etre en bonne sante. Le 16 juin 1936, il ecrit a Blanche Gidon : " Depuis environ trois ou quatre semaines, je ne bois plus une goutte d'eau de vie. Ma situation ne s'en est pas amelioree pour autant. Et ma sante n'est guere meilleure. Au moment ou l'on se trouve tout au bord du precipice, ce genre de considerations n'a plus guere de sens. Mais je ne bois que du vin, mes pieds sont tout de meme enfles, mon coeur est empli de chagrin, aussi lourd qu'une pierre, et face a moi il n'y a que le vide au sens propre du terme. C'est un sentiment effroyable que de ne pas savoir, de ne pas savoir le moins du monde de quoi on va vivre la semaine qui vient. Il y a seize ans, je pouvais le supporter. Aujourd'hui je ne le peux plus. " (p. 504). Sa derniere lettre connue, c'est a elle encore qu'il l'adressera. Il meurt le 27 mai 1939, a l'hopital ; lui aura ete epargnee la douleur de la declaration de guerre, de la debacle, de la Shoah. Dans un cimetiere de banlieue, on peut lire sur la dalle grise cette simple indication : " Poete autrichien ", alors qu'il avait, dit-on (cf. Joseph Roth, le saint buveur de Geza von Cziffra/Anatolia/Editions du Rocher), exprime le desir, que cette phrase de Kleist fut gravee sur sa tombe : " La verite c'est que personne ne peut rien pour moi sur cette terre ". Article de Corinne Amar
[SW: correspondance]
SAINT-DENIS (E. DE): ESSAIS SUR LE RIRE ET LE SOURIRE DES LATINS,
RIRE-SAINT-DENIS (E. de).Essais sur le rire et le sourire des Latins.P., 1965, gr. in-8°, br., tabl. depl., envoi.



