Stephane Correspondance
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Roth, Joseph: Lettres choisies 1911-1939, Paris Seuil 2007
Coll. "Le don des langues" Traduites de l'allemand , presentees et annotees par Stephane Pesnel. In-8, 557p, br., couverture ill., index. Neuf (jamais ouvert). "On connait peu ou pas cet ecrivain autrichien, romancier, grand prosateur de la premiere moitie du XXe siecle et tout autant grand journaliste, ne en 1894 en Galicie, pres de la frontiere russe, mort, jeune, a Paris, a l'age de quarante-cinq ans. La correspondance de Joseph Roth, mise a la lumiere par Stephane Pesnel (recompense par le prix Sevigne 2007) qui lui rend hommage, permet d'ouvrir en meme temps que vingt-huit annees d'une vie deja commencee, tout le visage d'une epoque ; celle de la crise politique de l'Europe et de la menace montante du nazisme, celle d'un intellectuel juif allemand, temoin de cette crise, desespere d'une Autriche perdue, apatride et contraint de l'etre, lorsque Hitler arrive au pouvoir, en 1933, parce que " ses origines juives, sa sensibilite humaniste et son exceptionnelle clairvoyance politique " lui avaient dicte le choix de l'exil en France. Lire cette correspondance, c'est suivre, depuis les annees de jeunesse, l'autoportrait d'un ecrivain de culture a la fois juive, slave et allemande, attache a la litterature et a l'ecriture, conscient de la fondamentale question de la responsabilite morale de l'ecrivain, attache a sa langue allemande envers et contre tout, qui ecrit comme il souffre, reinvente parfois son histoire et son identite, se confie, enjoue, affectueux, a ses jeunes cousines, nous fait partager une correspondance des plus lucides et des plus riches avec son contemporain Stefan Zweig (1881-1942), son grand interlocuteur pendant plus d'une dizaine d'annees, laisse toute sa vulnerabilite, sa detresse infinie s'epancher, lorsqu'il ecrit a sa traductrice et chere confidente Blanche Gidon, a qui il avouera - miserablement malade, buveur, honteusement pauvre - que son " coeur est aussi vide qu'un desert et aussi obscur qu'une fosse souterraine " (8 mai 1936), alors qu'il se laisse, peu a peu, mourir. Dans ses jeunes annees, il etudie la philosophie et les lettres, a Lemberg, puis a Vienne. Il est correspondant de guerre, pendant la Premiere Guerre mondiale. Des 1923, a Vienne a nouveau, il devient journaliste - chronique, reporte, croque faits quotidiens, observations, apercus de destins individuels -, excelle dans cette carriere, qu'il menera toujours de front avec celle de romancier. En 1932, un an avant de quitter l'Allemagne pour la France et l'exil definitif, il acheve son oeuvre la plus celebre ; roman historique et magistrale analyse, La Marche de Radeztky (1932) retrace la chute de l'Empire austro-hongrois et la desintegration de la societe autrichienne a travers trois generations de la famille von Trotta. En 1933, il est a Paris. Joseph Roth collabore a des journaux d'emigres allemands, poursuit son oeuvre romanesque, voyage un temps en Europe puis finit par ne plus bouger du minuscule perimetre parisien qui lui sert d'asile, a jamais nostalgique d'un paradis perdu sinon malade de lui-meme et malheureux de la consolidation du pouvoir hitlerien. Les lettres des debuts le montrent leger, empli d'humour, d'energie de vie, heureux de rever. Ainsi, a sa cousine, Paula, a qui il raconte sa vie d'etudiant, en 1916, de Vienne, il ecrit : " Aujourd'hui, aujourd'hui seulement, je suis a la fois doge de Venise et va-nu-pieds italien, mais demain, demain, je serai de nouveau un poete allemand perdu dans ses reves, un amoureux de l'art, un etudiant en litterature allemande inscrit en sixieme semestre et disciple du professeur Brecht. (...) J'ai un sofa rouge avec des decorations jaunes, je vais bientot m'y allonger pour faire un somme. Il est maintenant trois heures et je resterai allonge jusqu'a cinq heures. Puis je ferai ma toilette et j'irai me promener. " (p.26). Plus tard, au milieu de voeux qu'il lui adresse, il lui souhaitera de ne jamais perdre le rire. " Le rire est une clochette au son leger et argentin qu'un bon genie nous a donnee pour qu'elle nous accompagne sur le chemin de notre vie. Mais parce qu'elle est si legere et difficile a garder bien en main, on risque de la perdre. Quelque part en chemin. Et le destin vient a passer avec ses bottes aux semelles epaisses et le foule aux pieds, ce rire. " (p.27). Voeu premonitoire, qu'il s'etait peut-etre adresse a lui-meme, pour se preserver de ce qu'il n'allait pas tarder a perdre ?... Il ecrit, il ecrit chaque jour, dans " le seul but - dit-il - de me perdre dans des destins imaginaires ". Il ecrit avec acharnement, mais le coeur n'y est bientot plus. A Stefan Zweig, le 23 octobre 1930, il confie : " Qui ne se sentirait pas ecoeure par la situation politique ? Vous avez raison, l'Europe est en train de se suicider, et la lenteur et la cruaute de ce suicide proviennent du fait que c'est un cadavre qui est en train de se suicider. Cette lente agonie presente une similitude diaboliquement troublante avec une psychose. C'est a cela que ressemble le suicide d'un psychotique. Le diable gouverne veritablement le monde. " (p.201). Pres d'une dizaine d'annees plus tard, avant de mourir, il est conscient que " cette decennie, avec ce qu'elle contient d'intense perversite infernale, aurait de quoi deshonorer des siecles ". Pour Joseph Roth, comme pour les heros de ses romans, l'innocence existentielle est a jamais perdue. Ses dernieres lettres, a Stefan Zweig comme a Blanche Gidon le montrent inquiet, amer, pessimiste, epuise par des corrections de manuscrit, en proie a des souffrances indicibles, preoccupe de trouver de l'argent pour survivre, soucieux de se desintoxiquer de l'alcool qui le detruit, loin d'etre en bonne sante. Le 16 juin 1936, il ecrit a Blanche Gidon : " Depuis environ trois ou quatre semaines, je ne bois plus une goutte d'eau de vie. Ma situation ne s'en est pas amelioree pour autant. Et ma sante n'est guere meilleure. Au moment ou l'on se trouve tout au bord du precipice, ce genre de considerations n'a plus guere de sens. Mais je ne bois que du vin, mes pieds sont tout de meme enfles, mon coeur est empli de chagrin, aussi lourd qu'une pierre, et face a moi il n'y a que le vide au sens propre du terme. C'est un sentiment effroyable que de ne pas savoir, de ne pas savoir le moins du monde de quoi on va vivre la semaine qui vient. Il y a seize ans, je pouvais le supporter. Aujourd'hui je ne le peux plus. " (p. 504). Sa derniere lettre connue, c'est a elle encore qu'il l'adressera. Il meurt le 27 mai 1939, a l'hopital ; lui aura ete epargnee la douleur de la declaration de guerre, de la debacle, de la Shoah. Dans un cimetiere de banlieue, on peut lire sur la dalle grise cette simple indication : " Poete autrichien ", alors qu'il avait, dit-on (cf. Joseph Roth, le saint buveur de Geza von Cziffra/Anatolia/Editions du Rocher), exprime le desir, que cette phrase de Kleist fut gravee sur sa tombe : " La verite c'est que personne ne peut rien pour moi sur cette terre ". Article de Corinne Amar
[SW: correspondance]
[MALLARME.]: Correspondance inedite de Stephane Mallarme et Henry ROUJON. Recueillie et commentee par Mme C. LEFEVRE-ROUJON. Geneve, Pierre Caillier, 1949.
In-12 broche, 65 pages, 7 hors-texte et 5 fac-similes dans le texte. Collection Beaux textes, textes rares, textes inedits. BON EXEMPLAIRE. 30
[SW: LITTERATURE MONOGRAPHIES ECRIVAINS MALLARME CORRESPONDANCE INEDITE STEPHANE MALLARME HENRY ROUJON RECUEILLIE COMMENTEE MME LEFEVRE ROUJON 00141733 LIT08 ZX049]
[collectif]: Revue d'histoire litteraire de la France. 1976. N° 1. P., Armand Colin, 1976.
Sommaire : ARTICLES : G. MATHIEU-CASTELLANI : La poesie amoureuse francaise a la fin du xvie siecle d'apres les Recueils collectifs (1597-1600) . - L. K. DONALDSON-EVANS : Un " nouveau " poete de l'epoque baroque : Pierre de Croix . - R. DUCHENE : Du destinataire au public, ou les meta morphoses d'une correspondance privee. - L. PEROL : Une autre lecture du " Fils naturel " et des " Entretiens ". - J.-B. BARRERE : Proust et les polders de la conscience. - NOTES ET DOCUMENTS : A. MAGNAN : Textes inedits pour la correspondance de Voltaire. - J.-R. ARMOGATHE : Duclos, auteur d'un extrait du Memoire de Jean Meslier. - L. J. AUSTIN et L. F. HOFFMANN : Trois lettres inedites et une dedicace de Stephane Mallarme. - E. M. McHUGH : Du nouveau sur le " brevet de poete de Paul Valery. - COMPTES RENDUS. - BIBLIOGRAPHIE .
In-8 br., 175 pp. Bonne condition.
[SW: Litterature]
Mallarme - Roujon: Correspondance inedite de Stephane Mallarme et Henry Roujon, Geneve Cailler Pierre 1949
recueillie et commentee par M.me C. Lefevre-Roujon 19x12.5 cm., 69 pp., un ritratto e 4 fotografie, riproduzioni di autografi, legatura in brossura, intonso, in francese esemplare non numerato
[SW: letteratura francese]



